Montréal, le 5 juin 2026 — La 16e édition du Baromètre de la consommation responsable, dévoilée aujourd’hui par l’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM) au centre d’impact Maurice-Duplessis de Renaissance, dresse un portrait tout en contrastes et en paradoxes des comportements des consommatrices et des consommateurs du Québec.
Nouvelle méthodologie
Cette 16e édition marque la plus importante évolution méthodologique du Baromètre depuis sa création en 2010 : pour la première fois, l’étude ne s’intéresse plus seulement aux intentions ou aux attitudes des Québécoises et des Québécois, mais aux gestes réellement posés et à leur impact concret dans quatre grands domaines de consommation (habillement, transport, alimentation et énergie). L’étude repose sur le plus grand échantillon de l’histoire du Baromètre, soit 2 802 répondantes et répondants.
Cette nouvelle approche, développée en collaboration avec le Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et la transition durable (CIRAIG), a permis de faire ressortir plusieurs tensions et paradoxes structurants au sein de la population québécoise : une vaste majorité des répondantes et répondants, soit 68,3 %, déclarent consommer de manière responsable, mais 64,8 % connaissent peu ou ne connaissent pas l’impact réel de leurs habitudes de consommation, et 12 % seulement se décrivent comme étant tout à fait responsables. Elle a également permis de mieux distinguer les gestes les plus visibles de ceux qui ont réellement le plus d’impact environnemental.
« Pendant longtemps, la consommation responsable a surtout été étudiée à travers les intentions et les valeurs. Cette année, nous avons voulu nous rapprocher des gestes concrets et les mettre en perspective. Les résultats montrent une société qui veut agir, mais qui ne dispose pas toujours de repères clairs pour savoir quoi prioriser, et comment maximiser l’impact de ses gestes », explique Fabien Durif, professeur au Département de marketing de l’ESG UQAM et directeur de l’OCR.
S’habiller de manière responsable
Les résultats mettent en lumière des contrastes révélant une dualité marquée entre les engagements et les habitudes. Le secteur vestimentaire apparaît comme l’un des principaux révélateurs des contradictions contemporaines de la consommation responsable.
D’un côté, les Québécoises et les Québécois adoptent massivement des pratiques d’optimisation : 88,4 % utilisent leurs vêtements le plus longtemps possible, 77,9 % les lavent à l’eau froide et 75,8 % donnent leurs vêtements.
De l’autre, le modèle de consommation demeure largement inchangé : 71,3 % achètent encore majoritairement des vêtements neufs et 10,2 % seulement privilégient la seconde main.
« Malgré la bonne volonté des gens à vouloir poser des gestes responsables, on constate que l’adoption de pratiques impliquant une réelle transformation du modèle de consommation demeure limitée », analyse Fabien Durif.
Une consommation responsable plurielle
L’étude démontre que la consommation responsable repose sur des interprétations multiples au Québec : les gens ne parlent pas tous le même langage lorsqu’ils affirment consommer de manière responsable, et l’étude fait ressortir plusieurs disparités sociales et régionales.
Les femmes apparaissent notamment comme les principales porteuses des pratiques responsables concrètes, mais elles demeurent aussi fortement exposées aux arbitrages économiques, aux contraintes de prix et à la surcharge mentale et matérielle liée à la responsabilité environnementale.
Les jeunes de 18 à 24 ans incarnent le profil le plus paradoxal. Ils s’engagent fortement dans la seconde main et les pratiques responsables émergentes, mais ils sont aussi parmi les plus associés à la fast-fashion, à l’éco-fatigue et au sentiment d’impuissance face aux enjeux environnementaux.
Au niveau géographique, Montréal et d’autres milieux urbains favorisent davantage les mobilités alternatives, le transport collectif et la seconde main, illustrant une logique de transition fortement liée aux infrastructures urbaines.
Ailleurs dans la province, certaines régions montrent davantage des logiques circulaires fondées sur la réutilisation, les dons et la circulation secondaire des vêtements.
Tendance vers l’optimisation
Peu importe le domaine de consommation, qu’il s’agisse de l’habillement, de l’alimentation, du transport ou de l’énergie, les résultats dévoilent une tendance claire : les pratiques de consommation responsable les plus répandues sont les plus accessibles et celles qui s’intègrent le plus facilement aux routines quotidiennes.
Les pratiques privilégiées demandent peu de renoncement et génèrent des économies. On compte parmi elles l’achat de vêtements de seconde main, l’utilisation des restes de table, l’adaptation des modes de transport, l’ajustement du chauffage, etc.
L’éco-fatigue
Les résultats révèlent un phénomène structurant : l’éco-fatigue, une dynamique qui traduit une saturation progressive par rapport au discours environnemental.
31,4% des Québécoises et des Québécois se disent fatigués des leçons de morale sur l’environnement. Un pourcentage similaire estime que les rappels à mieux consommer sont plus lassants que motivants (30%), et en a assez de se faire demander de changer ses habitudes (29%). 42,4% des gens se sentent impuissants face à la crise écologique, et 28,5% pensent que leurs efforts sont vains.
« Il ne s’agit pas d’un rejet, mais plutôt d’une usure. Ce n’est pas simplement le discours écologique qui est remis en cause, mais l’efficacité des actions. Ce sentiment d’impuissance représente d’ailleurs le facteur déterminant dans l’abandon des pratiques responsables », conclut Fabien Durif.
Pour consulter tous les résultats du Baromètre de la consommation responsable 2026.
Dévoilement immersif
Les conclusions de cette 16e édition du Baromètre sont pour la première fois accompagnées d’un parcours immersif inédit. Pensée comme une expérience participative et visuelle, l’installation mise sur pied au centre d’impact Maurice-Duplessis de Renaissance permet de donner vie aux données et aux enjeux de consommation responsable.
Cette démarche novatrice a pu voir le jour grâce à l’engagement de plusieurs partenaires. Renaissance et RECYC-QUÉBEC, classés « partenaires OR », ainsi que Les Produits du Québec, catégorisé comme « partenaire ARGENT », ont tous contribué activement à l’enrichissement des connaissances sur la consommation durable.
« Les résultats du Baromètre rappellent que les Québécoises et les Québécois veulent agir, mais qu’ils ont besoin de solutions simples, accessibles et concrètes pour transformer leurs habitudes. C’est précisément le rôle que Renaissance souhaite jouer : faciliter le réemploi, rendre la seconde main plus attrayante et donner une valeur nouvelle aux objets qui existent déjà. Chaque vêtement réemployé, chaque article donné et chaque achat responsable contribue à réduire le gaspillage, tout en soutenant notre mission d’insertion socioprofessionnelle. Pour nous, la consommation responsable ne doit pas être une contrainte : elle doit être une solution accessible, inclusive et porteuse de sens, capable de transformer chaque don et chaque achat en impact concret pour l’environnement comme pour les personnes », déclare Éric St-Arnaud, directeur général de Renaissance Québec.
« Pour accélérer la transition vers des habitudes de consommation plus responsables, il faut rendre les bons gestes faciles à poser. L’intégration des points de dépôt de Renaissance dans l’application Ça va où? de RECYC-QUÉBEC permet justement d’offrir aux citoyennes et aux citoyens une solution concrète, simple et accessible pour mieux orienter leurs dons et favoriser le réemploi », ajoute Emmanuelle Géhin, présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC.
À propos de l’OCR et de l’ESG UQAM
L’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM) est une cellule d’études et de veille stratégique axée sur la recherche-innovation et le transfert de connaissance dans le domaine de la consommation responsable. Ancrée dans son milieu et ouverte sur le monde, l’ESG UQAM marque son impact sur la société avec son enseignement pratique misant sur l’innovation, la cocréation et la démocratisation du savoir. Audacieuse et engagée, l’École se démarque grâce à sa recherche avant-gardiste, centrée sur l’humain pour trouver des solutions durables aux enjeux sociétaux présents et à venir.
À propos de Renaissance
Fondée en 1994, Renaissance est un organisme à but non lucratif québécois qui allie insertion socioprofessionnelle et économie circulaire. Grâce à un réseau de plus de 70 points de collecte et 40 magasins à travers le Québec, Renaissance redonne une seconde vie aux objets tout en accompagnant des milliers de personnes dans leur parcours d’insertion professionnelle. Depuis sa création, l’organisation a aidé près de 13 000 personnes à retrouver un emploi ou à reprendre leurs études. En 2025-2026, 2,25 millions de dons ont été recueillis et 36 000 tonnes de biens ont été détournées des sites d’enfouissement. Chaque achat et chaque don participent ainsi à un impact social et environnemental concret, faisant de Renaissance un acteur essentiel du développement durable au Québec.
À propos de RECYC-QUÉBEC
RECYC-QUÉBEC est une société d’État créée en 1990 avec le souci de faire du Québec un modèle de gestion novatrice et durable des matières résiduelles pour une société sans gaspillage. Depuis 35 ans, elle promeut, développe et favorise la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage de contenants, d’emballages, de matières ou de produits ainsi que leur valorisation dans une perspective d’économie circulaire et de lutte aux changements climatiques.
À propos des Produits du Québec
Les Produits du Québec est un organisme à but non lucratif soutenu par le gouvernement du Québec, dont la mission est de faciliter l’identification des produits non alimentaires d’ici. Nous offrons un repère clair grâce à des certifications reconnues et rigoureuses : les logos bleus en forme de maison. Au fil des ans, nous sommes devenus une référence fiable en matière de provenance québécoise. Chaque produit certifié fait l’objet d’un processus de vérification structuré, garantissant la confiance des consommateurs, des entreprises et des partenaires.